Denis Bonnelle

Denis Bonnelle
Physicien et économiste
Atelier : En 2050, l’urgence climatique sera-t-elle dépassée ?

Denis Bonnelle est physicien (ancien professeur en maths spé et lycées techniques) et économiste (énarque). Il est, depuis 20 ans, l’auteur de différents livres, en français et en anglais, sur le changement climatique et sur les énergies renouvelables. Ses recherches portent actuellement sur les conditions dans lesquelles le solaire et l’éolien peuvent, sans déstabiliser l’économie, apporter, en quelques dizaines d’années, une contribution majeure à la question climatique. Selon lui, cela suppose notamment de les faire changer d’échelle, de prendre au sérieux les objections portant sur leur intermittence et sur la stabilité des réseaux électriques si leur part de marché devenait dominante, et de développer l’utilisation de l’électricité dans d’autres secteurs, le tout dans une approche très industrielle. Il a été membre d’un groupe de travail de l’Agence nationale de la recherche sur la géoingénierie, et il est le trésorier de l’association Observ’ER, qui publie les revues Le journal du photovoltaïque, Le journal de l’éolien et Le journal des énergies renouvelables.

Atelier : En 2050, l’urgence climatique sera-t-elle dépassée ?
23 novembre 2019 10:00 - Salle AB

Dès 1896, Svante Arrhenius calculait qu’une exploitation non limitée des combustibles fossiles pourrait réchauffer le climat de 5° C. Comme l’a récemment rappelé le New York Times, dans les années 80 les principaux décideurs avaient été à deux doigts de s’attaquer sérieusement au changement climatique. Et maintenant nous devons complètement changer, entre autres, de système énergétique avant 2050. Les solutions sont là : le photovoltaïque, l’éolien, etc., sont des technologies parfaitement mûres. Et leur économie est très favorable dès lors qu’on les finance à long terme et à bas taux, c’est-à-dire qu’on raisonne avec un horizon temporel éloigné, ce qui est pertinent quand on est motivé par le sort des générations futures. Il reste à gérer leur variabilité dans le temps, c’est-à-dire progresser sur le stockage de l’électricité, que ce soit pour de la régulation quotidienne, intersaisonnière, intermédiaire… La solution la plus adaptée utilise des lacs ou des barrages en altitude que l’on remplira à partir du bas, par pompage. C’est différent de l’énergie hydraulique classique, il est donc faux de dire que tout le potentiel est déjà exploité à 100 %. Mais travailler cette question sous forme de rétro-planning est sans doute aujourd’hui la plus grande urgence.

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